La médiation familiale qu’est-ce que c’est?

Article 2 - qu'est-ce que la médiation familialeLa médiation familiale est un mode de régulation des conflits.  Elle a pour objectif principal de permettre aux parents de se réapproprier leur responsabilité et de trouver ensemble les réponses qu’ils leur conviennent aux questions relatives à l’organisation de leur séparation.

Article 2 - JusticeLà où la justice prend à leur place des décisions lorsqu’ils ne parviennent pas à se mettre d’accord, la médiation leur redonne la possibilité de redevenir les acteurs des décisions qui les concernent.  Trop souvent, les procédures en justice attisent les conflits parentaux là où pourtant il faudrait pouvoir arriver à

L'avocat

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les apaiser.  La justice entretient encore trop souvent la notion de perdant et de gagnant et laisse souvent trop de place aux avocats qui ne cherchent qu’à défendre à tout prix l’intérêt de leur propre client au détriment de l’autre parent.   Les parents se voient ainsi bien trop souvent déposséder de leur histoire et déresponsabiliser par rapport à leurs enfants.  C’est pour éviter tout cela que la médiation familiale a un sens et vaut souvent la peine d’être essayée.

La médiation aborde le conflit et les divergences de point de vues.  Elle veille à ne proposer ni avis, ni solutions mais tentera de réinstaurer la confiance entre les parents dans leur capacité respective à gérer leurs conflits.  Le processus de médiation crée avec les parents un espace où communication et dialogue vont pouvoir se réamorcer au-delà et en deçà du conflit.

Le médiateur essaie d’amener les gens à parler de leurs vrais besoins qui est une condition essentielle pour trouver des solutions communes qui respectent les attentes de chacun.  Le médiateur veille aussi à ce que chacun puisse comprendre le ressenti de l’autre et, à partir de là, aide à trouver ensemble les options possibles pour l’avenir. La plupart du temps, chacun campe sur ses positions et cherche à tout prix à imposer ses idées parce qu’il pense qu’il n’y a qu’une seule solution de valable, à savoir la sienne.  Or, dans la réalité, il existe toujours plusieurs possibilités.  Le médiateur veillera alors à conduire les protagonistes à en prendre peu à peu conscience.Article 2 - La médiation familiale

Bien entendu la médiation n’est pas la solution à toutes les situations.  La première condition pour qu’une médiation puisse fonctionner c’est que chaque parent s’y rende avec une réelle envie d’apaiser leurs conflits et de s’y investir.  Si les parties n’y vont que dans le seul but de pouvoir montrer à la Justice qu’ils ont tout tenté et que rien ne marche, cela ne servira à rien et vous aura fait perdre et votre temps et votre argent.  La question de l’argent est d’ailleurs parfois un frein pour certaines personnes.  Même si nous pouvons le comprendre, réfléchissez quelques instants……Combien coûte l’intervention d’un avocat pour vous défendre en Justice et ce d’autant plus si la procédure dure des années parce que vous n’arrivez à aucun accord avec la mère ou le père de votre ou de vos enfants ?  Mettez alors cela en corrélation avec le coût d’une médiation pour laquelle généralement moins de dix séances seront nécessaires pour arriver déjà à un certain accord avec votre ex partenaire.  D’autant plus que ce coût sera partagé en deux, chacun devant y participer financièrement.  Le calcul est vite fait n’est-ce pas ?

La médiation peut être un gain d'argent par rapport aux frais d'une procédure en justice

La médiation peut être un gain d’argent par rapport aux frais d’une procédure en justice

Article 2 - Réinstaurer le dialogueLa médiation n’est cependant pas une démarche facile et confortable pour les ex-conjoints.  Il n’est en effet pas toujours évident, alors que la séparation est issue d’un désaccord, d’un conflit souvent ancien, profond et parfois violent, de commencer un processus de médiation qui se veut être un lieu d’écoute, de paroles, d’échange dont l’objectif principal est la recherche d’un accord. De plus, il se peut que le dialogue, la communication entre les ex-conjoints ne soit plus qu’un vieux souvenir. La communication ne passe tout simplement plus alors que la médiation s’appuie justement sur le langage et la parole entre les individus.  De plus, comme nous l’avons abordé dans un précédent article, les protagonistes abordent la séparation à un rythme psychique qui peut être totalement différent, l’un étant alors prêt à entamer un processus de médiation alors que l’autre ne l’est pas encore.Article 2 - Le conflit est un moyen de garder le lien avec l'autre

Il peut aussi arriver que le maintien du conflit entre des ex-partenaires soit encore le seul moyen qu’ait trouvé l’un des protagonistes pour garder un lien avec l’autre.  Le conflit peut aussi être le moyen d’arriver à faire face au choc psychologique de la séparation et permet ainsi d’éviter la dépression.  Le conflit peut ainsi pour certains être une sorte d’antidépresseurs.  Ainsi vouloir d’emblée supprimer le conflit ou le nier aboutirait à supprimer ou nier les défenses qui permettent justement à l’un des protagoniste de « tenir le coup ».

Quelles sont les plus fréquentes causes du conflit entre ex-conjoints ?

Article 2 - Conflits et biens matérielsLe plus souvent se sont les enfants, les montants des pensions alimentaires et les biens qui sont les objets des conflits.Article 2 - argent et conflits

Par rapport à l’enfant qui subit la séparation, l’un des parent voire les deux peut projeter sur son enfant sa propre enfance, sa culpabilité de n’avoir pas été un bon conjoint et le désir de compenser tout cela en étant le meilleur parent qui soit.  La perte du conjoint peut aussi provoquer un désir très intense de « gagner l’enfant » et de garder un pouvoir sur l’autre par le biais de l’enfant.  Lors d’un divorce, il est assez fréquent que l’angoisse de la séparation se double de l’angoisse de la séparation d’avec l’enfant.   La perte du conjoint dont le départ est souvent vécu comme une infidélité, comme une trahison du pacte à l’origine de la création du couple, de la famille, se double alors de la peur de perdre son enfant et son amour.  Il s’ensuit alors toute une série de contrôles, de griefs qui sont le plus souvent liés à l’angoisse de ne pas savoir, de ne pas pouvoir maîtriser ce qui se passe chez l’autre.  Naît ainsi diverses craintes telles que celle liée à la peur que l’autre ne puisse assumer son rôle de parent, liée à la difficulté d’accepter que l’enfant soit aussi celui de l’autre, liée au fait que l’enfant, par l’influence de l’autre, pourrait soit lui ressembler, soit ne pas être comme on voudrait qu’il soit,….L’absence de l’enfant est ainsi très mal vécue.Article 2 - conflits pour l'enfant

On peut voir parfois des parents adopter une relation fusionnelle avec leur enfant et ce d’autant plus s’ils se sentent lésés, meurtris, abandonnés, trompés,….  L’enfant endosse alors un rôle de « tuteur narcissique » pour l’un de ses parent,  « enfant antidépresseur », « enfant chevalier servant »,…. La parole de l’enfant peut aussi être pris au « pied de la lettre » par ses parents alors que l’enfant sait souvent très bien ce qu’il doit dire à l’un et à l’autre pour ne pas perdre leur amour, pour les protéger, voire parfois même les dresser l’un contre l’autre.

Voici un documentaire sur la médiation: « quand la famille ne se parle plus » présenté dans le journal de 20 heures sur France 2:

Comment créer un espace propice à la médiation ?

  • Comprendre le conflit :Article 2 - Comprendre

L’objectif de la médiation n’est pas de faire disparaître les conflits mais d’avantage de les comprendre afin d’aider les protagonistes à débloquer une situation conflictuelle.  Si la médiation permet de gérer les conflits, de trouver des solutions, de résoudre des désaccords, elle ne résout pas forcément le conflit.  Il est en effet possible de dialoguer, de communiquer, de prendre ses responsabilités tout en restant malgré tout en conflit.  Le conflit en soi, n’est pas forcément une catastrophe et il est d’ailleurs fréquemment présent même dans des relations harmonieuses.

  • La demande de mise en place d’un processus de médiation :

Le moment où les personnes entament un processus de médiation, soit le temps chronologique peut être bien différent du temps psychique.  L’un peut ainsi Article 2 - La demandeêtre prêt à entamer une médiation alors que l’autre ne l’est pas encore.   Il faut alors pouvoir aborder la fragilité des ex-partenaires, pouvoir en tenir compte et voir ce qui fait soit urgence, soit résistance pour chacun.

Au niveau de la demande, il faut aussi détecter à quels moments celle-ci a lieu : est-ce avant même une séparation, en cours de séparation, juste après une séparation ou après des années de séparation.  La demande du processus de médiation est-elle aussi spontanée, imposée par la Justice, par une tiers personne,….

  • La compétence du médiateur :Article 2 - La Compétence

Comment le médiateur lui-même vit les conflits, comment se positionne-t-il, quelle est sa formation,….. ?  Le médiateur doit pouvoir repérer les structures de personnalité auxquelles il a affaire, les types de conflits, leurs enjeux,….

  • Etablir un cadre clair et précis :

Le médiateur doit pouvoir dès la première rencontre expliquer ce qu’est la médiation, quelles en sont les règles, définir avec les protagonistes les objectifs de celle-ci,…..  Le cadre ainsi posé permet d’offrir un lieu dans lequel le médiateur est lui aussi en position de tiers.  Le médiateur offre ainsi un lieu de parole, invite à dire les ressentis, distribue le temps de paroles à chacun dans le respect des uns et des autres.   Le cadre, une fois posé, a ainsi un effet structurant, une fonction de contenant nécessaire à la gestion du conflit.

  • Veiller au temps :

Article 2 - Le tempsLe temps fait partie intégrante du cadre et du processus de la médiation.  Il ponctue, rythme, crée l’espace nécessaire à la réflexion et l’élaboration de la pensée.  Le temps devient ainsi le temps d’écouter, le temps d’entendre puis le temps de comprendre le conflit du couple, l’histoire passée et actuelle dans laquelle il s’inscrit, quels enjeux s’y glissent par rapport au futur, ce qui a fait rupture,…. Prendre le temps de comprendre les enjeux du conflit fait partie de la médiation.  Viendra aussi le temps de parler de l’enfant, de son avenir, de son évolution affective, sociale et scolaire.  Il s’agira alors de parvenir à distinguer l’ancien couple conjugal du couple parental actuel et ainsi de structurer différemment ce lien qui tourne autour de l’enfant.

  • Amener une certaine reconnaissance des ressentis de chacun :

Article 2 - questions - réponses - penséesL’angoisse, la souffrance, la colère qui sont reconnues par l’autre sont alors plus supportables care elle prennent alors un sens tandis que le rejet, le déni de celles-ci est vécu comme une menace, un danger.  La reconnaissance de tous ces affects par le médiateur dans un premier temps pourra amener progressivement l’ex-conjoint à les reconnaître également.  Le sujet a alors la possibilité de quitter une position de victime, d’accusateur, d’agresseur et chercher ce qui lui appartient dans la rupture.  Ce travail de prise de conscience, qui permettra sans doute par la suite un changement ou tout au moins l’issue de la crise, pourra se poursuivre en dehors de la médiation, soit seul, soit avec l’aide d’un thérapeute.

Est-il possible d’effectuer une médiation avec des couples qui ont connu de la violence physique ou verbale ?

Article 2 - C'est possibleIl existe des positions divergentes à ce niveau.  Certains médiateurs estiment qu’il n’est pas possible de prendre ces couples en médiation tandis que d’autres n’excluent pas d’office ces situations.   Pour ma part, j’estime que la porte d’une médiation doit pouvoir être ouverte à tous.  Il faudra cependant toujours veiller à ce que le processus de médiation soit constructif, positif pour chacune des parties et qu’il ne constitue pas au contraire une aggravation de la situation. La violence devra cependant être interrogée en médiation.  Quel sens a-t-elle ?  Pourquoi, quand et comment est-elle advenue ?  La violence est-elle réactionnelle ou structurelle ?….  Il sera aussi important d’interroger les parties sur ce qu’ils attendent d’une médiation.

La violence de l’un peut être provoquée par l’autre, par la rencontre brutale de deux fantasmes ou de deux sujets en souffrance dans une situation devenue Article 2 - Agressivitéinvivable.  La violence peut être aussi une réponse physique à une violence morale, inacceptable certes, mais une réponse à une provocation.  Il s’agit alors de violence réactionnelle. Par contre la violence structurelle est souvent beaucoup plus compliquée à travailler et peut alors être un motif de non prise en charge en médiation parce qu’elle fait partie de la structure de la personnalité d’un des protagonistes.

Le cadre de la médiation devra être d’autant mieux définis lorsque la violence est présente entre les personnes.  Il faudra parfois prendre des précautions particulières telles que décaler un peu les moments d’arrivée et de départ de chacun afin que la salle d’attente ne devienne pas un lieu où la violence se joue à nouveau et sans contrôle.   Il faudra aussi arrêter la séance si l’un des protagonistes ne peut se contrôler par rapport à cette agressivité,….

Et la médiation avec un VRAI manipulateur est-ce possible ?

Article 2 - ManipulateurJe parle ici de VRAI manipulateur car chaque partie peut avoir très vite l’impression d’être face aux manipulations de l’autre.  La manipulation est d’ailleurs très vite annoncée comme étant un argument contre l’autre et qui illustre alors oh combien le risque est grand pour le professionnel de se faire avoir par l’autre, ne pas voir clair dans la situation,….

Dans les cas de réelles manipulations, la médiation sera très difficile à mener.  Les manipulations ne sont cependant pas immédiatement perçues et en ce sens, il sera nécessaire que le médiateur y soit formé.  Cependant, lorsque des accords seront présents, très vite, il sera possible de voir si les personnes ont été honnêtes ou non lors du processus de médiation.  Si les accords mettent du temps à aboutir, qu’ils ne sont au final pas respectés,…. Le sens de la médiation dans de tels contextes pourra être interrogé.

En cas de désaccords, de difficultés importantes avec son ex-conjoint, vous l’aurez compris, la médiation familiale peut être une aide précieuse.  Le conseil à donner est bien entendu de choisir le médiateur avec lequel vous vous sentirez l’un et l’autre en confiance.  Si tel n’est pas le cas, n’hésitez pas à en rencontrer un autre. Cependant, changer nécessitera alors l’accord de votre ex-conjoint et il est à espérer que celui-ci en comprendra la raison, l’acceptera.  Si ce n’est pas le cas, cela vaut alors peut-être la peine de tenter de continuer avec le médiateur choisi initialement et n’hésitez alors pas à mettre des mots sur ce que vous ressentez face à ce médiateur afin que celui-ci puisse éventuellement vous rassurer.Article 2 - pensez à la médiation

Voici le témoignage de personnes qui ont expérimenté la médiation familiale et qui expliquent comment elles l’ont vécu, ce que cela leur a apporté, leurs difficultés,….

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