Les conséquences psychologiques d’un divorce

mariage-briséDans notre société actuelle, il y a une réelle banalisation du divorce. Or d’un point de vue individuel, les souffrances peuvent être pourtant très importantes et niées par certains.  Le seul avantage que peut avoir d’une certaine façon cette banalisation, c’est que les parents divorcés et leurs enfants ne sont plus autant pointés du doigt que par le passé. Il y a encore une trentaine d’année, les enfants de parents divorcés étaient considérés comme des « bêtes curieuses » par leurs camarades attirant parfois admiration et parfois peur.  Cela engendrait assez souvent des comportements agressifs chez les enfants de parents divorcés.  Aujourd’hui, nous aurions plutôt tendance à observer l’inverse au sein des cours de récréations, ce sont les enfants dont les parents sont encore ensemble qui sont maintenant perçus comme des privilégiés.  Cette tendance semble s’accroître au fur et à mesure que les enfants évoluent dans leur scolarité.

la vie après le divorceLe divorce implique immanquablement la nécessité de s’adapter aux transformations des habitudes de vie. Bien souvent, la séparation est considérée comme une solution à l’insatisfaction conjugale. Ainsi le divorce constitue une transition majeure dans la vie des ex-époux et entraîne presque inévitablement une série de conséquences tant psychologiques que sociales.  Ainsi de nouveaux rôles parentaux sont définis, de nouveaux rôles économiques et les réseaux de relations sociales se voient également modifiées.  Ces effets peuvent se prolonger longtemps alors même que les aspects juridiques sont depuis longtemps résolus.

Plusieurs variables peuvent affecter le processus d’adaptation des personnesvie avant et après le divorce divorcées.  Nous pouvons ainsi citer l’âge, le sexe, la présence ou non d’enfants ainsi que leur âge, la durée du mariage, les difficultés financières, le degré d’engagement dans le mariage, la santé mentale, le niveau d’estime de soi, l’initiative de la rupture, la présence d’interaction avec l’ex-conjoint, le soutien de la famille et des amis, la présence d’activités sociales, la présence d’un nouveau conjoint et la satisfaction de cette nouvelle relation,….

alliances-briséesDifférentes études ont pu montrer que l’adaptation au divorce ne change pas selon qu’on est pris l’initiative du divorce ou qu’on l’ait subie.  Par contre plus les individus considèrent qu’ils ont joué un rôle au moment de la rupture, c’est-à-dire moins le divorce était inattendu, plus leur niveau d’adaptation est élevé.  C’est donc davantage la capacité d’adaptation que le fait d’avoir ou non eu l’initiative du divorce  qui facilite l’adaptation des personnes.

L’acceptation de la réalité du divorce comporte, que l’on veuille ou non, une dimension émotionnelle très importante.  Le divorce est d’ailleurs considéré comme une des étapes les plus stressantes (après le décès d’un conjoint) à laquelle peut être confronté un individu.  Les épreuves de la vieCette dimension est malheureusement trop peu considérée dans les modalités de résolution de conflits et dans les médiations familiales misent en place.  Or, pour aider chaque conjoint, à pouvoir accepter son divorce au plus profond de ses conséquences, un travail individuel sur les émotions des ex-conjoints pourrait être réellement salvateur.  Il pourrait être considéré comme la condition minimale pour qu’ensuite les ex-conjoints puissent régler dans le respect l’un de l’autre les différents aspects de leur séparation.   Il est malheureusement trop fréquent de voir des conflits parentaux perdurer pendant des années et dévastant alors tout l’univers de leurs enfants.  La littérature montre en effet que ce n’est au bout du compte pas réellement la séparation des parents qui est destructrice pour l’enfant mais bien davantage les conflits inhérents à cette séparation et ce d’autant plus s’ils durent pendant des années.

Voici une vidéo qui présente l’impact que peut avoir une rupture amoureuse et qui montre à quel point celle-ci peut s’apparenter à une véritable torture psychologique.  Anxiété, peur, solitude, obsession ou encore dépression, les effets négatifs d’une séparation sont nombreux…

Pour qu’un divorce puisse être constructif, il est primordial que la personne ne ressente pas un trop fort sentiment d’échec et de mépris de soi, qu’elle puisse augmenter sa compréhension de soi et développer un sentiment de compétence personnelleprendre du temps avec des amiesLe fait de maintenir une vie sociale active, de pouvoir s’investir dans des relations sociales contribuent également à faciliter la période « d’après divorce ».  Le divorce correspond aussi souvent à la perte d’une figure d’attachement et travailler sur cette notion d’attachement peut également être nécessaire pour beaucoup d’individus. Les chercheurs et les cliniciens semblent s’accorder sur le fait que le processus de divorce durerait environ trois ans et nécessiterait le passage de trois stades différents, à savoir : la décision relative au divorce, la restructuration et le rétablissement suite au divorce.

Pendant la phase de décision relative au divorce: chaque conjoint estcoeur coupé qu'on essaie de réparer susceptible de vivre des sentiments de colère, d’ambivalence, d’aliénation et d’appréhension. A ce stade une thérapie conjugale peut être efficace, l’intervention ayant pour but de favoriser une prise de décision efficace pour résoudre l’insatisfaction conjugale.

Lors de la phase de restructuration: les sentiments de perte et d’anxiété liés aux problèmes financiers et légaux sont susceptibles d’être présents.  couple en questionnementSi un professionnel intervient à ce stade, il devra veiller à faciliter la synchronisme de la séparation, d’aider les partenaires à parvenir à une compréhension des problèmes à l’intérieur de leur relation maritale et de fournir au couple l’occasion de liquider les sentiments non résolus.  La décision de divorce implique des mesures d’ententes légales, émotionnelles, financières, sociales et parentales nécessaires pour effectuer la transition du mariage au célibat.

La phase de rétablissement à la suite du divorce : implique des sentimentssentiment de liberté d’optimisme et d’excitation aussi bien que des sentiments opposés de résignation et de regret.  Des thérapies plus individuelles seront ici plus adaptées. Le professionnel devra ici servir de guide lors des prises de décision et procurer un soutien exempt de jugement en vue de permettre à l’individu de développer des sentiments d’autosatisfaction et d’autonomie.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *