L’importance de créer un « sas » pour les enfants

J’ai envie de développer avec vous l’importance de créer un sas aux enfants qui passent d’un parent séparé à l’autre.

J’ai repris cette notion du Livre: « Lâche ton trapèze et attrape le suivant! », d’Olivier Clerc, 2014, Edition Eyrolles.

L’auteur nous explique que le passage réussi d’un milieu familial donné – avec sa dynamique propre, ses relations spécifiques (présence ou non d’un beau-parent, d’autres enfants), ses règles éducatives et ses rythmes de vie – à un autre univers parental, ayant des caractéristiques différentes, nécessite une forme ou une autre de sas. A défaut, les enfants vivent souvent mal ces transitions répétées, ils se retrouvent trop rapidement plongés dans un milieu différent, ils n’ont pas l’espace nécessaire où ils peuvent vivre les émotions contradictoires qui les traversent (joie de retrouver un parent, tristesse de quitter l’autres). Ils ne savent parfois même pas exactement ce qu’ils ressentent et du coup, peuvent être grognons, tristes, irritables. La moindre contrariété, petit incident, peut provoquer chez eux de fortes réactions émotionnelles qui ne sont que l’évacuation d’un trop-plein qui n’a pas pu se vivre ou être accompagné de manière adéquate.

Selon les situations, plusieurs types de sas peuvent être envisagés pour les enfants : l’un d’eux peut être tout simplement l’école, le milieu scolaire pouvant ainsi faire office d’espace intermédiaire pendant lequel l’enfant peut se préparer (même inconsciemment) à passer d’un parent à l’autre. C’est souvent plus facile pour l’enfant que d’être ramené directement d’un parent à l’autre sauf si les parents s’entendent merveilleusement bien et qu’ils peuvent échanger les dernières nouvelles et permettre ainsi à l’enfant que la transition puisse s’effectuer en douceur. Pour certains enfants, cela peut ne pas suffire, ils auront alors besoin d’un temps d’acclimatation, peut-être même d’être seuls un moment dans leur chambre, d’écouter de la musique, ou encore de passer voir un copain qu’il ne voit pas quand ils sont chez l’autre parent. Il faut que le parent accepte que l’enfant ait besoin de cet espace de transition. Cela permet aussi d’en parler à son enfant, de mettre des mots sur l’ambivalence qu’il ressent et sur les turbulences émotionnelles ressenties.

L’auteur attire notre attention sur le fait qu’un sas est par définition un espace confiné et limité. Il est donc important de délimiter l’espace et le temps accordés à cette transition, plutôt que de les laisser déborder en tous sens. Ne pas avoir délimiter le temps de transition peut avoir des effets aussi improductifs que l’absence totale de sas.

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