Réflexions avant d’entamer une démarche juridique

Le présent article ne cherche pas à vous décourager dans vos démarches. Il vise simplement à ouvrir une réflexion vers le pour ou le contre d’une action au Tribunal. Si vos droits sont bafoués, bien évidemment il est important de vous défendre. Cependant il ne faut jamais minimiser l’impact qu’a une action en justice sur l’autre partie.

J’ai en effet vu beaucoup de situations dans le cadre de mon travail où bien que séparés, l’entente entre les parents étaient relativement bonne, ils arrivaient à se parler un minimum concernant l’éducation de leur(s) enfant(s), ils s’arrangeaient à l’amiable lorsque c’était nécessaire. Puis du simple fait que l’un d’entre eux a introduit une requête auprès du Tribunal de la famille, l’équilibre s’est rompu. Les tensions entre chacun ont augmentés, la communication est devenue impossible, la situation est devenue désastreuse, plaçant l’enfant au milieu des conflits. Ces situations dérapent parfois et même souvent pour des raisons financières ; l’un estimant que l’autre ne paie pas suffisamment, ne participe pas assez aux frais de l’enfant. La question reste dès lors ouverte : pour une augmentation de 50 euros par mois par exemple, faut-il prendre le risque de faire basculer un équilibre qui, bien qu’imparfait, apporte sérénité, paix et harmonie ?

Je ne veux certainement pas dire qu’il faut tout accepter, qu’il faut se soumettre pour éviter le conflit. Non certainement pas, mais le but ici est de vous faire réfléchir sur l’impact que peut avoir sur l’autre une procédure en justice, l’impact que cela peut avoir sur vous et indirectement sur vos enfants. De plus, les procédures judiciaires sont souvent longues et coûteuses car elles nécessitent souvent l’assistance d’un avocat. Est-ce que pour 50 euros par mois, comme dans notre exemple, cela en vaut la peine ? Tout dépendra bien entendu de votre situation financière et de celle de votre ex-conjoint.

J’ai trouvé important de rédiger cet article pour le questionnement qu’il peut apporter, pour le moment de réflexion nécessaire avant d’entamer toute procédure. J’ai vu trop de parents pris ainsi dans un engrenage face auquel ils ne parvenaient plus à faire marche arrière et dont ils devenaient peu à peu victime. Les questions d’égo sont ainsi vite ravivés et n’aident pas à faire marche arrière une fois une procédure entamée.

Avant toute démarche juridique, il est important de tenter d’en parler à l’autre avec le plus de respect possible, expliquer lui votre situation, exposer clairement vos demandes, vos besoins par rapport à vos enfants. Si le dialogue sur « les sujets qui fâchent » est difficile, proposer à l’autre de faire quelques démarches chez une médiatrice familiale ou tout autre professionnelle qui pourra vous aider à trouver des accords face auxquels chacun sera gagnant.

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